Vandenbroucke rejette l'idée d'un système de franchise dans l'assurance maladie
« Lâche, effronté et injuste »
« Tant que je ferai partie du gouvernement, cette proposition [d’une franchise dans l’assurance maladie] ne verra pas le jour. » C’est ce qu’a déclaré hier à la Chambre le ministre des Affaires sociales et de la Santé, Frank Vandenbroucke.
Lors de la dernière séance de questions-réponses avant la pause estivale, le ministre des Affaires sociales et de la Santé, Frank Vandenbroucke, a été interrogé sur les mesures d'économie dans le secteur de la santé.
Plusieurs députés ont évoqué l’idée d’introduire une franchise dans l’assurance maladie, selon laquelle le patient devrait prendre en charge lui-même les frais jusqu’à un certain montant.
M. Vandenbroucke a été clair : « La proposition d’une franchise est facile, lâche, impudente et injuste. Tant que je ferai partie du gouvernement, cela n’aura pas lieu. »
Vandenbroucke a précisé que le Premier ministre et le ministre du Budget avaient demandé à tous les partis de soumettre des propositions en vue de l'élaboration du budget. « Apparemment, un parti a proposé cette mesure, après quoi l'INAMI a été chargé d'en calculer les conséquences. »
Réformer le BIM
Il est frappant de constater qu’aucun parti n’a défendu la franchise. Daniel Bacquelaine (MR) a qualifié la franchise de « peu pertinente, voire de source de surconsommation ». Alexia Bertrand (Anders) n’y est pas non plus favorable, car selon elle, c’est la classe moyenne qui en fera les frais.
Bacquelaine et Bertrand ont souligné la nécessité de réformer le système de l'intervention majorée. Vandenbroucke a rétorqué qu’il souhaitait rendre le système plus équitable : « Les personnes disposant d’un patrimoine important ou d’une participation dans une société ne devraient pas y avoir droit. »
Liste du Bureau du Plan
D’après les informations recueillies par le journal du Médecin, l’idée d’une franchise apparaît pour la première fois dans une liste de 250 mesures d’économies possibles dressée par le Bureau du Plan à la demande du gouvernement fédéral. La mesure n° 90 stipule : «Introduire une « franchise » sur les frais médicaux (éventuellement assortie d’une correction sociale) dans le cadre de laquelle la mutuelle n’interviendrait qu’à partir d’un certain montant par année civile (par exemple, à partir de 500 euros). »
Le Bureau du Plan ne précise pas qui a proposé cette mesure. Les mesures répertoriées ont été soumises par des « instituts de recherche et d’expertise » ainsi que par des partis politiques dans le cadre de l’évaluation financière des programmes électoraux de 2024.