Nouveau guide de l'OMS
Hans Kluge: « 200.000 décès dus à la chaleur ces quatre dernières années »
L’OMS Europe a présenté à Berlin la 2e édition de son guide "Heat–Health Action Plans Guidance". Des lignes directrices comme cadre scientifique pour permettre aux gouvernements d’organiser des mesures de protection contre la chaleur.
La nouvelle édition du guide de l’OMS Heat–Health Action Plans Guidance fournit aux gouvernements et aux autres parties prenantes des recommandations fondées sur des preuves scientifiques autour de huit éléments clés : la gouvernance, les systèmes d’alerte à la chaleur, les groupes vulnérables, la communication, la résilience, la réduction de l’exposition à la chaleur, la surveillance et le suivi, ainsi que l’évaluation et la formation.
Le guide comprend un large éventail de mesures et d’étapes décisionnelles qui, ensemble, doivent garantir une protection efficace de la santé contre la chaleur. La première édition datait de 2008. Les recommandations ont été actualisées sur la base des connaissances les plus récentes issues de la recherche et de l’expérience pratique.
Le nouveau Heat–health action plans (HHAPs) de l'OMS
La chaleur, ce tueur silencieux
« L’Europe se réchauffe plus rapidement que tout autre continent, et nous le payons en vies humaines », a souligné le Dr Hans Kluge, médecin belge directeur régional de l’OMS pour l’Europe.
« Rien qu’au cours des quatre dernières années, plus de 200.000 personnes sont décédées en Europe des suites de la chaleur. Cela doit cesser. La chaleur est un tueur silencieux, mais elle n’est pas une fatalité. Grâce aux nouvelles directives de l’OMS fondées sur des données scientifiques les gouvernements disposent d’une feuille de route claire pour mettre en place des systèmes de préparation capables de sauver des vies. »
L’Europe figure parmi les régions les plus durement touchées par le réchauffement climatique et est déjà confrontée à des vagues de chaleur fréquentes. La majorité des décès prématurés liés à la chaleur extrême ont été enregistrés en Italie, suivie de l’Espagne, de l’Allemagne et de la Grèce. La Grèce affiche le taux le plus élevé de décès liés à la chaleur par million d’habitants.
La présentation officielle des nouvelles recommandations de l'OMS s'est déroulée à Berlin. Selon le Robert Koch Institut, l’institut national allemand de santé publique et de prévention des maladies, l’Allemagne a enregistré, l’an dernier, un total de 2.500 décès liés à la chaleur. Les personnes âgées et celles souffrant de pathologies préexistantes ont été particulièrement touchées.
Berlin comme exemple
« Les grandes villes densément bâties sont particulièrement vulnérables aux dangers de la chaleur estivale », a rappelé la Dre Ina Czyborra, de Berlin.
« Notre ville œuvre activement depuis des années à la protection de ses habitants contre la chaleur et prend très au sérieux sa responsabilité publique. Cela comprend non seulement la communication à destination de la population et une gestion structurée des épisodes de chaleur extrême, mais aussi l’entretien et l’extension à long terme des parcs, des espaces verts et des plans d’eau, ainsi que la mise en œuvre de mesures architecturales visant à limiter les effets de la chaleur. Les huit éléments clés recommandés dans la directive de l’OMS sont intégrés au plan d’action berlinois pour la santé face à la chaleur. »