Infectiologie

Le virologue Marc Van Ranst dans la tourmente

Figure centrale de la crise Covid, Marc Van Ranst traverse une période difficile. Longtemps attaqué par les antivax et menacé jusque dans sa vie privée, le virologue de la KU Leuven est désormais rattrapé par un conflit interne au Rega Instituut de la KU Leuven. Un dossier sensible, où les accusations se croisent - fraudes aux subsides, abus de pouvoir, comportement toxique - mais où, bien entendu, il est présumé innocent. Le Pr Van Ranst a souligné qu'il se tenait à la disposition de la justice et qu'il "coopererait pleinement" avec celle-ci.

Nicolas de Pape - 11 juin 2026

Marc Van Ranst n’est pas un virologue comme les autres. Pendant la pandémie, son visage était partout. Télévisions, radios, journaux, réseaux sociaux. Il a conseillé les autorités, défendu les mesures sanitaires, combattu les thèses complotistes et répondu frontalement à ses adversaires.

Cette exposition lui a donné une forte notoriété. Elle lui a aussi valu une hostilité rare. Insultes, menaces, procédures judiciaires, campagnes de haine : Van Ranst est devenu, pour une partie du monde antivax, le symbole d’une parole scientifique jugée trop politique.

Marc Van Ranst

Menacé par un militaire d’extrême-droite

Le moment le plus grave remonte à 2021. Le militaire Jürgen Conings, lourdement armé et lié à l’extrême droite, l’avait menacé. Marc Van Ranst et sa famille avaient dû être mis à l’abri. Ce n’était plus une simple polémique médiatique : un scientifique devait être protégé physiquement pour avoir défendu la vaccination et les restrictions sanitaires.

Depuis, le virologue a aussi dû affronter des procédures lancées par des figures antivaccins. Il en est sorti blanchi dans les dossiers les plus visibles. Mais ces épisodes ont laissé des traces. Ils ont fait de lui un cas d’école: celui du scientifique devenu personnage public, puis cible politique.

Reconnaissance académique internationale

Paradoxalement, cette période lui a aussi valu une reconnaissance académique internationale. Des universités néerlandaises lui ont décerné des doctorats honoris causa pour son rôle dans la communication scientifique et la lutte contre la désinformation. Pour ses soutiens, Van Ranst incarne le courage scientifique face à la haine. Pour ses adversaires, il symbolise au contraire la dérive d’experts devenus militants.

Mais les difficultés actuelles viennent désormais aussi de son propre environnement universitaire.

Depuis plusieurs semaines, la presse flamande relate un conflit très dur au sein du Rega Instituut de la KU Leuven. Au centre du dossier : Marc Van Ranst, sa 'labmanager' Elke Wollants et le professeur Piet Maes, spécialiste des hantavirus, récemment écarté par l’université.

Les accusations sont lourdes : climat de travail toxique, tensions entre équipes, comportements problématiques, soupçons de sabotage ou de disparition de matériel, fraudes aux subsides. Mais à ce stade, il s’agit d’accusations croisées, contestées par les intéressés.

Les juridictions du travail saisies

La KU Leuven affirme avoir réagi après une notification reçue fin 2023 et avoir demandé une analyse de risques par un service externe. Selon l’université, cette analyse mettait en cause un ancien enseignant dont le comportement aurait rendu la collaboration impossible. L'intéressé, Piet Maes, conteste cette version. Il affirme avoir lui-même dénoncé des comportements imputés à Marc Van Ranst et à Elke Wollants. Ceux-ci rejettent ces accusations.

Le dossier a pris une tournure judiciaire. Les juridictions du travail ont été saisies. Certaines décisions ont critiqué des étapes de la procédure. L’université a finalement rompu le contrat de Piet Maes, qui conteste son licenciement.

L’affaire est sensible car elle touche un institut prestigieux. Le Rega Instituut est associé à des travaux importants en virologie, en surveillance épidémiologique et en recherche sur les agents infectieux. Le conflit oppose donc des scientifiques de haut niveau dans un domaine où la crédibilité institutionnelle est essentielle.

Accusations d’abus de pouvoir

Une deuxième plainte visant Marc Van Ranst a aussi été évoquée dans la presse flamande. Elle porterait notamment sur des accusations d’abus de pouvoir et de mauvaise utilisation de subsides et de possibles irrégularités liées à des financements consacrés à la recherche sur le VIH. Van Ranst affirme ne pas en avoir connaissance et dit souhaiter que tout soit examiné en profondeur. Il collaborera avec la Justice : "Ils sont tout à fait en droit de mener une enquête approfondie. Je coopérerai pleinement", a-t-il déclaré.

Malgré les réserves d'usage liées à la présomption d'innocence, le dossier donne l’image d’un Rega Instituut en crise, d’une KU Leuven sous pression et d’un Marc Van Ranst confronté, cette fois, à des remises en cause internes.

 

Wat heb je nodig

Accès GRATUIT à l'article
ou
Faites un essai gratuit!Devenez un membre premium gratuit pendant un mois
et découvrez tous les avantages uniques que nous avons à vous offrir.
  • accès numérique aux magazines imprimés
  • accès numérique à le Journal de Médecin, Le Phamacien et AK Hospitals
  • offre d'actualités variée avec actualités, opinions, analyses, actualités médicales et pratiques
  • newsletter quotidienne avec des actualités du secteur médical
Vous êtes déjà abonné? 

Partagez votre histoire (d'actualité)

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles
Magazine imprimé

Édition Récente
02 juin 2026

Lire la suite

Découvrez la dernière édition de notre magazine, qui regorge d'articles inspirants, d'analyses approfondies et de visuels époustouflants. Laissez-vous entraîner dans un voyage à travers les sujets les plus brûlants et les histoires que vous ne voudrez pas manquer.

Dans ce magazine