Journée internationale contre l'homophobie
Commission européenne: une recommandation contre les thérapies de conversion
La Commission européenne a choisi la voie d'une recommandation non contraignante pour inciter les Etats membres à interdire les pratiques de conversion dont sont encore victimes les personnes LGBTQI+ dans l'UE. Plus d'1,2 million de citoyens européens avaient appelé à interdire ces pratiques par le biais d'une initiative européenne l'an dernier.
"Aujourd'hui, nous nous engageons à adopter une recommandation à l'intention des États membres, les exhortant à interdire les pratiques de conversion dans toute l'Union européenne. Elles n'ont pas leur place dans notre Union", a déclaré la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, dans un communiqué, à quelques jours de la Journée internationale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie (17 mai).
Près d'un quart des LGBTIQ+ y ont été confrontés
Les pratiques de conversion regroupent un ensemble d'interventions visant à modifier ou réprimer l'orientation sexuelle ou l'identité de genre d'une personne. Elles reposent sur l'idée erronée selon laquelle les personnes LGBTIQ+ seraient "malades". Elles peuvent inclure des violences physiques ou sexuelles, des humiliations ou des abus verbaux, et entraîner des séquelles psychologiques et physiques durables.
Selon l'Agence des droits fondamentaux de l'UE, 24% des personnes LGBTIQ+ dans l'Union déclarent avoir été confrontées à de telles pratiques. Des experts des Nations unies estiment qu'elles peuvent s'apparenter à des actes de torture et appellent à leur interdiction.
"Moyenâgeux" pour Hadja Lahbib
L'an dernier, une initiative européenne citoyenne (ICE) a récolté plus de 1,2 million de signatures pour que la Commission propose une interdiction de ces pratiques à l'échelle européenne.
Après avoir reçu l'initiative citoyenne, la Commission a analysé les possibilités juridiques et a finalement opté pour une recommandation, a expliqué la commissaire à l'Égalité, Hadja Lahbib, lors d'un point presse. Elle a dénoncé le caractère "moyenâgeux" de ces pratiques.
"La responsabilité est entre les mains des États membres. Si nous avions voulu une législation contraignante, il aurait fallu l'unanimité", a souligné la Belge. Face au risque d'enlisement, l'exécutif européen a privilégié une voie qu'il espère "plus efficace".
La Commission prévoit de présenter sa recommandation en 2027 et d'accompagner les États dans sa mise en œuvre, notamment en s'appuyant sur les bonnes pratiques existantes. Huit États membres interdisent déjà les pratiques de conversion, dont la Belgique. Les Pays-Bas devraient prochainement les rejoindre.