VDB : "Les mutuelles doivent se réinventer totalement ou elles n'ont plus d'avenir"
Les mutuelles doivent se réinventer totalement, a déclaré le ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke (Vooruit) samedi dans une interview accordée à De Standaard. "Si elles ne le font pas maintenant, elles n'ont plus d'avenir."

"Pour commencer, nous allons les évaluer bien plus sévèrement sur le plan financier, en vérifiant si elles aident suffisamment les malades de longue durée à retrouver un emploi", a répondu le ministre à la question de savoir comment les mutuelles devaient s'adapter. "Elles reçoivent actuellement plus d'un milliard d'euros de moyens de fonctionnement. Pour ma part, cette enveloppe pourrait bientôt dépendre entièrement des résultats qu'elles obtiennent, et pas seulement en ce qui concerne les malades de longue durée."
M. Vandenbroucke est prêt à soumettre à un examen critique tant les assurances complémentaires obligatoires que les assurances hospitalisation libres et facultatives. L'intervention majorée sera elle aussi "examinée d'un œil critique", ajoute-t-il. "Je souhaite désormais tenir compte des revenus issus des flexi-jobs ainsi que des revenus mobiliers."
Le ministre s'oppose néanmoins à la proposition de la N-VA visant à supprimer les mutuelles. "Dire qu'on veut les supprimer, c'est facile. Moi, je leur mets la pression chaque semaine parce que je veux qu'elles s'adaptent."
576.000 malades de longue durée
Le cœur de son message concerne les malades de longue durée. Leur nombre a atteint un record fin 2025, avec 576.643 personnes en incapacité depuis plus d’un an. Vandenbroucke admet que le système actuel pose problème, notamment dans l’évaluation réalisée par les médecins-conseils des mutualités. Il estime qu’il faut regarder plus largement ce que les personnes peuvent encore faire, même si elles ne peuvent plus exercer leur ancien métier.
Mais il ne veut pas retirer immédiatement cette mission aux mutualités. Créer une nouvelle institution prendrait, selon lui, au moins cinq ans. Il préfère donc leur imposer une transformation radicale. “Si les mutualités ne se réinventent pas maintenant, elles n’ont plus d’avenir”, affirme-t-il dans De Standaard. Il veut les juger beaucoup plus sévèrement sur leurs résultats : retour au travail des malades de longue durée, orientation vers la vaccination, prise en charge des troubles alimentaires, accès à un médecin généraliste fixe.
Revoir le rôle des mutualités comme assureurs sociaux
Vandenbroucke veut aussi revoir le rôle des mutualités comme assureurs sociaux. Il critique implicitement certaines assurances complémentaires qui remboursent des services éloignés des vraies priorités de santé. Selon lui, les mutualités ne doivent pas se comporter comme des assureurs privés. Et si ces assurances dégagent plus de bénéfices que prévu, l’argent doit revenir au patient.
Face à la N-VA, qui remet en cause l’existence même des mutualités “politiquement colorées”, Vandenbroucke défend leur rôle social, tout en les attaquant durement. Il oppose ce modèle à celui des États-Unis, où les soins coûtent beaucoup plus cher et où une partie de la population reste mal couverte.
Exclure certains BIM aisés
Enfin, le ministre ouvre aussi d’autres tabous budgétaires. Il veut revoir la majoration du remboursement (statut BIM) pour exclure les personnes disposant d’un patrimoine important, par exemple plus de 60.000 euros sur des comptes ou placements, ou une deuxième résidence. Et il estime que l’effort budgétaire devra aussi passer par une contribution des grands patrimoines. Selon lui, la suite de la législature sera un véritable test : sauver les finances publiques sans sacrifier la solidarité.