Prévention & vaccination

Nouvelle campagne 2026

Cancer de la peau: Euromelanoma veut combattre le 'bullsh*t' en ligne

Les jeunes sont aujourd’hui submergés de fausses informations sur la protection solaire via les réseaux sociaux. Euromelanoma entend lutter grâce à une campagne ciblée.

Erik Derycke - 21 avril 2026

Dokter Thomas Maselis
Le Dr Thomas Maselis.

L’incidence du cancer de la peau augmente à un rythme alarmant, explique, à l'occasion de la présentation de la nouvelle campagne, le Dr Thomas Maselis, dermatologue et président belge d’Euromelanoma, réseau de dermatologues européens présents dans 33 pays.

Chaque année, plus de 50.000 nouveaux cas de cancer de la peau sont diagnostiqués en Belgique - soit cinq fois plus qu’il y a 20 ans. Ce sont surtout les carcinomes basocellulaires et les carcinomes spinocellulaires qui augmentent fortement, tandis que le nombre de mélanomes – la forme la plus dangereuse – a plus que doublé en 20 ans. Près d’un Belge sur cinq sera confronté à un cancer de la peau avant l’âge de 75 ans.

L'augmentation des cas est due à une exposition prolongée et répétée aux rayonnements UV, conséquence de l’essor du tourisme de masse vers les pays du Sud et de l’idéal esthétique d’une peau bronzée. Autre facteur, les bancs solaires, longtemps considérés comme inoffensifs, alors qu'aujourd’hui on sait que les rayons UVA sont tout aussi cancérigènes que les rayons UVB.

72% des jeunes brûlés l'an dernier

Les Belges se protègent encore insuffisamment du soleil, selon le baromètre bisannuel UV de la Fondation contre le Cancer. 73 % des Belges déclarent être bien informés des mesures de protection solaire mais malgré cela, 56 % affirment avoir subi une forme de coup de soleil au cours des 12 derniers mois. Pour 12 %, il s’agissait même d’un coup de soleil sévère.

Les résultats parmi les jeunes (16–24 ans) sont particulièrement préoccupants, selon Brecht Gunst, de la Fondation contre le Cancer: "À peine un jeune sur deux affirme se protéger du soleil. Et pas moins de 72 % disent avoir été brûlés au cours de l’année écoulée."

jongere zonnebrand huidkankerLes coups de soleil sévères, accompagnés de frissons, de cloques et de fièvre demeurent un réel problème dans cette tranche d’âge, sans amélioration par rapport aux mesures précédentes. Et 15 % des jeunes âgés de 16 à 24 ans déclarent faire du banc solaire.

Des idées fausses tenaces circulent aussi, parmi les jeunes, à propos des dangers du soleil. Près de la moitié (49 %) pensent qu’une peau bronzée protège contre les coups de soleil et 40 % préfèreraient attraper un coup de soleil plutôt que de revenir de vacances sans bronzage. Plus de la moitié (53 %) estiment peu probable de développer un jour un cancer de la peau.

Désinformation en ligne

Une grande partie de ces idées fausses trouve son origine sur les réseaux sociaux, où des influenceurs de tous horizons – sans réelle connaissance du sujet – diffusent de la désinformation, affirmant par exemple que les crèmes solaires sont cancérigènes ou que les coups de soleil sont normaux. Des tendances comme les « tan lines » visibles et la valorisation d’une peau très foncée contribuent à une exposition irresponsable.

influencer Louis Vuitton
Des "tan lines" à l'aide de monogrammes Louis Vuitton: les influenceurs font des ravages sur les réseaux sociaux... 

Les algorithmes de plateformes comme TikTok et Instagram font en sorte que les internautes voient ce type de contenu de manière répétée dès qu’ils ont cliqué une fois dessus. Or une information paraît d’autant plus crédible qu’elle est vue régulièrement, même si elle est complètement fausse

« Nous constatons de plus en plus souvent l’impact de la désinformation en ligne sur le comportement des patients », explique la Dre Karlijn Clarysse, dermatologue et également créatrice de contenu. « Nos consultations commencent de plus en plus souvent par corriger de fausses croyances vues via les réseaux sociaux. »

Du 'bullshit' à l'info fiable

Les stratégies de prévention classiques, axées sur la peur ou des explications techniques, sont moins efficaces chez les jeunes, explique le psychologue Julien Tiete (ULB). « Pour avoir un impact, les messages doivent correspondre à l’univers des jeunes et être portés par des personnes auxquelles ils s’identifient. » Récompenser les comportements positifs – sur les réseaux sociaux, cela passe par des likes et des commentaires – fonctionne toujours mieux chez les jeunes que de condamner ou sanctionner les mauvais comportements, ajoute-t-il.

Cette anée, Euromelanoma oriente donc pleinement sa campagne vers les contenus que les jeunes consultent quotidiennement, avec des fact-checks courts et clairs qui répondent aux idées fausses les plus répandues. Au cœur de la campagne, le concept de « Bullsh*t », qui consiste à nommer explicitement les affirmations erronées et à les réfuter.

« L’objectif demeure le même : atteindre un maximum de personnes avec une information correcte, afin qu’elles se protègent mieux du soleil et puissent reconnaître un cancer de la peau à temps. Mais aujourd’hui, nous devons aussi gagner cette bataille en ligne », conclut le Dr Maselis.

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