Agence wallonne pour la Sécurité routière
Connaissez-vous les normes médicales pour la conduite d'un véhicule?
Plus trop? Vous n'êtes pas seul... Un Wallon sur cinq ignore l'existence des normes médicales minimales à respecter pour conduire un véhicule, ressort-il d'une enquête menée par l'Agence wallonne pour la Sécurité routière (AWSR). Elle invite donc les conducteurs à passer leur « contrôle technique santé »...
Problèmes de vue, troubles de l’attention, apnées du sommeil qui peuvent donner une somnolence diurne, épilepsie… Les médecins le savent parfaitement: certaines pathologies peuvent affecter la capacité à conduire en toute sécurité.
La loi impose donc des normes médicales minimales pour pouvoir prendre le volant. Or, selon une nouvelle enquête de l'AWSR (1.000 personnes sondées), un Wallon sur cinq ignore leur existence et 60% "en ont entendu parler" mais sans les connaître précisément...
Un "contrôle technique" chez le médecin
L'AWSR lance une nouvelle campagne de sensibilisation pour attirer l’attention des conducteurs sur l’impact que leur état de santé peut avoir sur la conduite, et les invite à effectuer un contrôle chez leur médecin en cas de doute.
Elle rappelle également les obligations légales liées à la santé au volant. Déclinée en trois vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, la campagne fait un parallèle avec le contrôle technique obligatoire des véhicules.
"Conduire est une activité complexe qui mobilise simultanément de nombreuses capacités, comme l’attention, la coordination, l’anticipation ou encore la perception de son environnement", rappelle l'Agence. "Certaines situations médicales peuvent altérer ces capacités et augmenter le risque d’accident, tant pour le conducteur que pour les autres usagers de la route."
Une déclaration sur l'honneur
Les conducteurs belges prennent connaissance des normes médicales quand ils demandent le permis (ou veulent le renouveler). "À cette occasion, ils doivent signer une déclaration sur l’honneur attestant qu’ils ne sont pas atteints d’un problème de santé incompatible avec la conduite. Cette déclaration porte à la fois sur l’aptitude physique et psychique ainsi que sur la capacité visuelle", détaille l'AWSR.
Si le conducteur n’est pas sûr de satisfaire aux critères médicaux, il peut se soumettre à un examen chez un médecin qui établira une attestation d’aptitude médicale. Et il doit y retourner si son état de santé évolue. "Pourtant, une personne sondée sur dix estime que cela ne relève pas de sa responsabilité", montre l'étude.
QUELS PROBLÈMES DE SANTÉ?
Plusieurs problèmes de santé peuvent avoir un impact direct sur la conduite. "Il s’agit notamment de pathologies entraînant une diminution ou une perte de mobilité ou de force, comme par exemple la sclérose en plaque, qui peuvent compliquer les mouvements de la tête, la manipulation du volant ou l’utilisation des pédales", explique le Dr Thierry Gillain, médecin référent au sein du Département d’Aptitude à la Conduite (DAC) de l’AWSR. "On pense également aux pathologies susceptibles de provoquer des malaises au volant, comme certains troubles cardiaques, le diabète avec risque d’hypoglycémie ou encore l’épilepsie."
"Certaines affections neurologiques ou psychiatriques peuvent altérer le comportement et le jugement, ou entraîner une absence de conscience de ses propres limitations, ce qui peut également impacter la conduite. Enfin, des troubles de l’attention ou des anomalies graves du sommeil comme les apnées, ainsi que des problèmes de vision (baisse de l’acuité et limites du champ visuel, difficultés à voir dans l’obscurité, à percevoir les contrastes et les distances, sensibilité à l’éblouissement) peuvent réduire significativement la sécurité au volant."
Pour le Dr Gillain, ce n’est pas forcément une question d’âge: "Il est vrai que certaines capacités peuvent diminuer avec le temps, mais les problèmes de santé susceptibles d’affecter la conduite peuvent survenir à tout âge. Les conducteurs de 65 ans et plus ne constituent d’ailleurs pas les seuls profils concernés par les évaluations que nous menons au DAC : ils représentent environ 50 % des personnes que nous voyons chaque année."