Gériatrie

Patients hospitalisés

Un nouvel outil pour évaluer le risque d’escarres 

Des infirmiers spécialisés de plusieurs hôpitaux belges lancent une nouvelle 'check-list' pour évaluer le risque d’escarres chez les patients hospitalisés. L’outil est déjà utilisé dans certains établissements flamands.

C.V. (avec Belga) - 20 novembre 2025

risque d'escarresChaque année, on estime que plus de 150.000 patients en Belgique (8,4% des patients en Europe) sont confrontés aux escarres ou ulcères de décubitus. Ces plaies, qui apparaissent lorsqu’un patient reste trop longtemps dans la même position, touchent maloritairement les patients gravement malades ou à mobilité réduite et ce, quel que soit leur âge.

Un outil 100% belge, à l'aide de quelques questions

Les escarres provoquent des douleurs, allongent la durée des séjours hospitaliers et peuvent, dans les cas graves, engendrer des coûts de traitement dépassant les 100.000 euros par patient.

Pour le moment, différentes échelles sont utilisées dans les établissements de soins pour évaluer le risque. En Flandre, des infirmiers spécialisés ont développé un outil standardisé d’évaluation des risques : le Belgian Pressure Ulcer Risk Assessment Tool (BEPU). Le "BEPU2025" permet de dépister les patients à temps et d’intervenir plus rapidement.

BEPU 2025 Leuven
L'outil n'est malheureusement disponible qu'en néerlandais jusqu'à présent.

À l’aide de quelques questions telles que « Le patient change-t-il lui-même et consciemment de position au moins toutes les 4 heures pour soulager les points de pression ? » ou « Le patient signale-t-il une douleur au niveau d’un point de pression ? », le risque d’escarres peut être évalué de manière rapide et uniforme.

Les mesures de base restent : changer régulièrement de position, adopter une posture assise correcte et faire en sorte que les talons ne soient pas en contact direct avec un matelas ou un fauteuil.

Partenariat patient/soignant

« Il est important de considérer nos patients comme des partenaires : sans eux, nous ne pouvons pas évaluer correctement le risque d’escarres. N’hésitez donc jamais à signaler si vous avez déjà des plaies, ou si vous avez souffert d’escarres sévères lors d’un précédent séjour en institution de soins. Prévenez votre médecin ou votre infirmier(ère) dès que vous ressentez une douleur en position allongée, car ce sont les premiers signes d’alerte », explique Annelies De Graaf, infirmière spécialisée en soins des plaies à l’UZ Leuven.

« Même après la sortie de l’hôpital : la prévention des escarres ne s’arrête pas au moment du départ. Les moments de concertation avec les infirmiers(ères) à domicile, les médecins généralistes et les maisons de repos assurent un suivi sans interruption. Mais cela ne fonctionne que si nous parlons tous le même langage et utilisons les mêmes outils. »

L’outil, sous forme d'arbre décisionnel, est utilisé dès à présent dans différents hôpitaux. Il concerne notamment 90% des patients hospitalisés à l'UZ Gent. Il constitue l'étape ultime d'un protocole lancé l'an dernier. En un peu plus d’un an, le nombre de patients atteints d’escarres à l’UZ Leuven par exemple a diminué de moitié. 

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