Cancer de l’ovaire : des fragments de tumeur pour étudier la réponse aux traitements
À l’Institut Jules Bordet (H.U.B), une équipe va tester différents traitements sur des fragments de tumeurs maintenus vivants en laboratoire. Les premières expériences sont prévues en octobre. L’objectif est de comprendre pourquoi certaines tumeurs résistent aux médicaments.

Une même thérapie peut agir sur la tumeur d’une patiente et rester sans effet chez une autre. Pour étudier ces différences, Meggy Suarez-Carmona, chercheuse de l’ULB à l’Institut Jules Bordet (Hôpital universitaire de Bruxelles), développe un modèle à partir de tissus prélevés lors d’une opération.
Les chercheurs découpent un petit fragment de tumeur en fines tranches, qu’ils maintiennent vivantes en laboratoire. Ils peuvent ensuite exposer chaque tranche à un traitement différent et observer les premières réactions. « En seulement 48 heures, nous obtenons déjà des informations très précieuses sur la manière dont la tumeur réagit à différents traitements », explique Meggy Suarez-Carmona.
Mieux comprendre les résistances
Ce modèle permet d’étudier plusieurs médicaments ou associations de médicaments sans les administrer à la patiente. L’équipe s’intéresse notamment à l’immunothérapie, dont les bénéfices restent limités pour de nombreuses femmes atteintes d’un cancer de l’ovaire. Elle cherche à comprendre comment les interactions entre les cellules cancéreuses et leur environnement peuvent contribuer à la résistance aux traitements.
« La recherche fondamentale peut parfois sembler éloignée des patients, mais ce sont souvent les découvertes réalisées aujourd’hui qui deviennent les traitements de demain », - Meggy Suarez-Carmona
Il s’agit, à ce stade, d’un outil de recherche. Les résultats obtenus sur les fragments ne permettent pas encore de choisir le traitement d’une patiente. Il faudra d’abord établir que les réactions observées en laboratoire prédisent effectivement la réponse au traitement.
Les premières expériences doivent commencer en octobre, en collaboration avec les chirurgiens et les oncologues de l’Institut Jules Bordet. À plus long terme, si le modèle fait ses preuves, ces tests pourraient fournir aux médecins une information supplémentaire pour adapter les soins à chaque patiente.